Université de Douai

Un article de Ghezibde: le wiki des Flandres occidentales et des Ardennes.

«L'Université de Douai est fille de la Renaissance flamande, mais aussi de la vitalité urbaine et des exigences de l'administration. En ce coeur de l'Empire, Valenciennes, Lille, Maubeuge souhaitent accueillir une Université de langue française pour former sur place légistes et administrateurs. En 1531, Douai réclame à son tour une Université où "pourraient être endoctrinés en bonnes moeurs et vertus [les] sujets" de langue française. Longtemps retardée par la résistance de l'Université de Louvain, la décision fut finalement emportée pour des motifs religieux. Louvain ne semble plus capable d'assurer son rôle de sauvegarde de la foi. En 1540, la Réforme a atteint ce bastion catholique des pays de langue thioise: des évangélistes prêchent sous la conduite d'une femme; en 1543, près de 50 personnes périssent suppliciées; à l'Université même, des humanistes deviennent suspects: Mercator doit s'enfuir devant les inquisiteurs. Douai semble préservé. En 1567, la duchesse de Parme la classe parmi les "bonnes villes", en dépit de quelques cas "sentans la secte luthérane", alors que Valenciennes et Tournai figurent parmi les mauvaises.»

Extrait de Histoire des Pays-Bas Français Louis Trenard, Privat Editeur, pp250-251

Pendant la même période, «Une des initiatives originales de ces provinces est de créer un réseau de collèges anglais, écossais, irlandais; ce ne sont pas seulement des "refuges", mais des foyers destinés à former des missionnaires capables de reconquérir les âmes perdues. Une dizaine de collèges se fondent en Flandre, Artois et Boulonnais. Guillaume Allen, ancien chanoine d'York, ouvre à Douai le plus ancien qu'il dirigea jusqu'à sa mort en 1594. Il recevait 120 élèves; chaque année, une vingtaine de prêtres terminaient leurs études; dès 1574, quatre purent être envoyés en Angleterre; de 1571 à 1616, 116 y furent martyrisés. En raison de guerres, le Collège s'installa à Reims de 1578 à 1594; à son retour, fut préparée la célèbre bible de Douai».

Extrait de Histoire des Pays-Bas Français Louis Trenard, Privat Editeur, pp251-252